Publié par : toniolito | 15 mai 2010

Darshan: RIP Avatar

Il me semble qu’Apple nous ment quant à l’autonomie de ses machines. Il devrait tout de même me rester assez de batterie pour vous présenter la dernière création de Bartabas et de son théâtre équestre Zingaro : Darshan.

Le théâtre Zingaro a à son actif de nombreux spectacles équestres très réussis. Ils lui ont valu une forte renommée dans le monde entier. Avec Darshan, Bartabas a décidé de profiter de cette renommée pour créer un spectacle à l’ambition artistique effrayante. En effet, Darshan signifie en sanskrit « vision du divin » ou « être en présence de la divinité ». C’est à la tâche délicate d’illustrer cet état que Bartabas  s’est attelé dans cet antre surprenant et remarquable qu’est le Fort d’Aubervilliers.

Darshan, le dernier spectacle de Bartabas et de sa troupe Zingaro
Darshan, la chevauchée onirique

Pour y parvenir, il a commencé par renverser les codes de la scénographie du spectacle équestre. « Aujourd’hui mesdames et messieurs, il va falloir spécialement prendre vos précautions avant que le spectacle commence. Vous ne pourrez pas sortir de la salle une fois le spectacle commencé. » En effet, les ouvreuses, qui sont aussi danseuses, cavalières et filles murmurant à l’oreille des chevaux, nous font asseoir au beau milieu de la piste, sur une tribune circulaire. Juste avant que le spectacle commence, la tribune se met à tourner sur elle même. Elle ne s’arrêtera qu’à la fin du spectacle, effectuant un tour complet toutes les vingt minutes.

Un spectacle païen?
Un spectacle païen?

Le spectacle se déroule autour de nous. Une toile/écran, a été tendue tout autour de la tribune. Le spectacle se déroule alternativement devant et derrière celle-ci, dans une farandole mystique d’ombres humaines et équines. Un éclairage tantôt très sobre, tantôt très coloré et des musiques classiques occidentales et orientales accompagnent ce grand théâtre païen où l’homme et le cheval ne font qu’un, leurs ombres fusionnant littéralement. Les scènes défilent. Pendant une heure et demie, la magie opère dans son plus simple appareil. Sans qu’un seul mot ne soit prononcé, on a ressenti la beauté, l’amour, la guerre, la mort, la grâce, la sensualité, le désespoir et l’exaltation.

La magie de la mise en scène de Bartabas
La magie de la mise en scène de Bartabas

On peut alors se lever, tout drapé dans un coton onirique, et traverser la piste des mirages. Au sol, ce n’est que du sable. Pour regagner la cour où un gigantesque feu de joie crépite dans la Nuit, on traverse l’écurie. Les chevaux sont magnifiques et bien physiques. Les danseuses sont tout à fait banales. Là, tout près, ce sont les tours de La Courneuve. Je suis pourtant dans un état de sérénité et de clairvoyance presque mystique. « Sorry mister Cameron. »

Victime consentante d’un succès phénoménal, Darshan est visible quasiment tous les soirs depuis septembre, au Fort d’Aubervilliers. Il reste probablement quelques places et je vous conseille d’y courir, avec vos moitiés et vos enfants.

Une fois assis, après avoir fait pipi, oubliez tout ce que je vous ai dit.

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