Publié par : toniolito | 13 mai 2010

Beach House : l’Ether Luminifère

Aujourd’hui, je poursuis ma lutte prométhéenne contre l’escroquerie climatique qu’est cet an de grâce 2010 en vous parlant un peu de Beach House, le duo pop de Baltimore, auteur en janvier d’un troisième album dont la beauté insaisissable traverse les saisons sans se flétrir: Teen Dream.

Quand cet hiver, le mercure se la jouait eskimau parigo et que la neige battait des records de persistance sur la Barceloneta, ses mélodies évanescentes capitonnaient de fil d’argent un rêve que j’ai fini par assimiler à celui qui ouvre et clôt l’Arizona Dream de Kusturica. Le rêve d’une cabane de bois bordant un lac gelé, habitée par la lactescente Victoria Legrand. Sa voix puissante et rassurrante résonnait : « I take care of you, if you ask me to » (Take care, à écouter ici).

Beach House, Alex Scally et Vanessa Legrand
Beach House ou l’Ether Luminifère

Quand le printemps a finalement cru pouvoir se dépêtrer de la tyrannie mortifère de son aîné et que sur les terrasses ont éclot demis et minishorts fleuris, les bleuités péremptoires de Beach House réverbéraient la promesse d’un voyage rebelle et sans retour vers les terres lointaines dont le parfum de délicates épices emplissait les narines vagabondes et innocentes, porté par la brise fraîche et discrète des premières matinées d’avril. « The heart is a stone/And this is a stone that we throw./They say we can go far/but they don’t know how far we go » (10 mile stéréo, à écouter ici).

 

Beach House, Vanessa Legrand et Alex Scally
Intemporelle et Juvénile

 

N’y tenant plus, il fallait que je voie Victoria en vrai. La Maroquinerie affichait complet, la Route du Rock semblait trop longue. C’est finalement par un après midi californien que j’ai découvert Beach House en live, sous la tente Gobi, plantée au milieu de la chaleur accablante du désert, à Coachella. Elle agitait ses longs cheveux ébouriffés au dessus de son clavier et sa pop de diamant glaçait la sueur sur les épaules nues et hâlées de l’assistance frissonnante, fascinée par son charisme rare et au sein de laquelle votre hirsute serviteur se mêlait à Jay-Z et Beyoncé, venus s’encanailler au lendemain du grand show de monsieur (la preuve ici). « Nor-way, ay, ay, ayy. Ay-ay-ay Ay-ay-ayyy»

Rêveries éthérées et rebelles à la beauté guévariste, drapées de flammes de glace dans la voix d’outre tombe de Victoria Legrand, les chansons de Beach House vous invite à un voyage onirique avec une autorité teintée d’éternité. En concert, leur force est une évidence et il serait bête de les manquer le 3 juin au Trabendo.

Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus, il me reste une dernière cartouche avec le film suivant, où la formation live bricole une version très acoustique de Used to be avant d’improviser les Waterfalls des TLC, sur une plage australienne, façon concerts à emporter de la Blogothèque.

Je terminerai en vous proposant une initiative communautaire : crowdsourçons l’été ! Je m’explique. Comme ceux qui m’ont fréquenté ces derniers temps ont pu le constater, je suis loin d’être rentré de Californie les poches vides. Parmi les trésors qui les remplissent se trouve LE son de l’été (sorry Babé & Goldheart Assembly). Il s’agit du remix dubstep d’un classique de la Motown : Mr Postman des Marvelettes. Dimanche matin, quand vous rentrerez chez vous pour voir pointer une aube dégueulasse, branchez vos stéréos à plein volume sur le barnum de l’ami Cragga et, à 6h30 précises, faites péter cette ville ramollie !

The Marvelettes, Mr Postman, Dubstep remix by Cragga

PS : En lisant ces lignes vous m’avez peut être senti différent. Plus épanoui, plus branché. Plus cool en somme. C’est normal. Car je viens de terminer ma mutation en Apple kid. Les lettres composant cet article vous sont parvenus par l’intermédiaire d’un Mac.

PS2 : j’en profite pour cafter Guillaume « je suis PC et le reste c’est privé » Grobez : il en veut un.

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Responses

  1. très bon album, mais c’est trop bobo, j’ai peur de l’acheter.

  2. Pirate.

  3. « Moi je suis pc, mais ça va pas durer »

  4. grobez moi non plus ça ne va pas durer

  5. J’avais entendu 10 mile stéreo sans connaitre le nom du groupe… francoaméricain à priori car Victoria est bien ta compatriote et elle est aussi sur le Grizzlies Bear ( 2 semanas)
    Bobo a dit Olive il ya du vrai….., planant mélancolique , cotonneux..
    Ecoute certains titres d’Elisabeth Fraser ou Lisa Guerard ( années 80 ..je te laisse trouver leurs groupes ) et tu retrouveras cette ambiance éthérée.
    Mr Postman l’original est pour moi inégalable comme tout le son de la motown
    Vamos ! Beat Celtics!
    Alors Lost in translation ( avec Phoenix obligatoire )????????


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