Publié par : babiou | 9 février 2010

The Besnard Lakes Are The Roaring Night

Pas vraiment le courage de me prêter à l’exercice de la review, surtout quand on s’attelle à un disque que l’on estime tellement que l’on peine à le nommer. Et quand on aime, on s’arrête de nommer, sinon ça fout le bordel et on doit aller sur le divan.

Quelques sentiments quand même pour ceux qui aiment en savoir plus avant de télécharger vulgairement un MP3, aussi divin soit-il.

Je regrette presque de connaître par coeur cet album un mois avant sa sortie officielle. Ca s’appelle peut être la honte du pirate et il faudrait dire à Notre Gouvernement qu’il y a là un créneau peut-être plus subtil que celui de la castration Internet, celle qui aurait bien fait marrer le type derrière le divan de tout à l’heure.

J’aimerais pouvoir encore l’acheter à l’ancienne. Offline. A la Fnac. Prix vert. 23€. Un mois après la sortie officielle.

Mais bon, Petit Papa Torrent me l’a donné, ce fichier prématuré, alors je l’use jusqu’à la corde et je lui fais mal.

Le premier album s’appelait The Besnard Lakes Are The Dark Horse et comme sa pochette, il faisait très peur parce qu’il y avait des silences, des cordes, de la hauteur vocale, des pistes de sept minutes et que les canadiens parvenaient quand même à dire merde au au genre prog.

Mr. Horse is on fire.

La première chanson s’appelle Disaster et elle passerait bien mal au Monoprix.

Très chic, le second enfile une nouvelle peau avec une formulation inchangée, The Besnard Lakes Are The Roaring Night – parce que quitte à ne pas aimer le soleil, autant être aussi très en colère. La formulation figée des titres des albums (GROUPE +VERBE D’ETAT+ UNE IMAGE BADASS COMME ATTRIBUT DU SUJET) paraîtra mégalo, comme celle d’artistes qui veulent déjà amorcer leur grande saga structurée – La Comédie canadienne ? – j’y voit plutôt une sorte de machine à ventiler les rêveries… et la quarantième écoute de cette « nuit rugissante »  – titre qui devient un peu porno en français – ne me permet toujours pas de deviner la prochaine mutation du quatuor en colère.

Groupe tellement badass qu'il a des canons pour mettre le feu à l'eau.

Et puis la cohérence en art, c’est pas si mal, ça permet d’avoir une étagère à CD qui ressemble à « quelque chose » – demandez à MisterHorse de vous montrer son intégrale de Maiden avec le Eddy reconstitué par l’ensemble des tranches. Même Google images refuse de me la montrer.

L’album est déjà une des plus belles choses de l’année. Il sort peut être un peu tôt pour qu’on lui rende hommage dans les nécrologies de fin d’années, entre du « néo ska » et de la « dance dépressive ». Tant pis pour les cons. J’ai hâte de voir ce qu’il donne par grosses chaleurs. Il fait moins peur que l’autre, il est pourtant au moins aussi lourd, il y a des chansons en deux parties, des explosions qui rappellent leur peu fréquentables potes du Silver Mount Zion. Mais il est en colère, alors on se plaît à le suivre, il nous aidera à casser des gueules.

Le single s’appelle Albatross et il mérite ses italiques. Ca fait penser à un mec qui aimait aussi à voler dans les plumes des gens.

Et après l’avoir écouté, on rouvre sa liste des « chanteuse à épouser sans même avoir vu leur visage » et on ajoute un ligne.

(L’album sort chez Jagjaguwar, vénérable maison de la belle province qui, depuis Black Mountain et consorts, est en train de rassembler une impressionnante armée de hippie belliqueux qui branchent leur cythare sur des amplis stoner.)

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Responses

  1. Je confesse que le mauvais goût absolu de la pochette avec le cheval au milieu des flammes m’a empêché jusqu’à présent d’écouter ce groupe. La nouvelle est un peu mieux…à voir.

    Mon étagère te dit merci.

  2. The Besnard Lakes se transforme en Neil Young/Built to Spill, forcément j’applaudis des deux mains.

  3. […] on dit en anglais. Je vous aurais bien dit tout le bien que je pensais de leur dernier album, mais d’autres copains l’ont déjà fait, en mieux. Les titres de leurs albums pourraient laisser penser à une bande de poseur antipathiques. La […]

  4. […] au passage cette excellente chronique, ça m’embêterait que vous la ratiez. À consommer avec du pain et des copains. This entry […]

  5. […] on dit en anglais. Je vous aurais bien dit tout le bien que je pensais de leur dernier album, mais d’autres copains l’ont déjà fait, en mieux. Les titres de leurs albums pourraient laisser penser à une bande de poseur antipathiques. La […]

  6. En réponse à la chronique de Babiou qui écrit « Le premier album s’appelait The Besnard Lakes Are The Dark Horse », je tiens à préciser que le premier album des Besnard Lakes se nommait Volume 1 !


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